Harry ramassa doucement la plume. Différentes pensées se bousculaient dans sa tête, des théories plus farfelues les unes que les autres, des solutions qui ne résolvait pas le problème présent.
Il était sûr que cette plume provenait du plumage de Fumseck, mais comment...? C'était impossible, il le savait disparu à jamais, cherchant l'image de son maître dans une fuite éperdue...
Et si...? Non... Impossible...Il l'avait vu recevoir l'éclair de la mort en pleine poitrine, il l'avait vu tomber dans le gouffre ténébreux de l'au-delà, il l'avait vu gisant, la vi ayant à jamais quitter son regard bleu clair et limpide... Comment... Pourquoi?Il déchira l'enveloppe de papier kraft de ses mains tremblantes, un désordre chaotique régnant dans son esprit. Un rouleau de parchemain entourait une boite en carton rectangulaire. Avec des gestes fébriles, Harry se saisit du parchemin. Il reconnut immédiatement l'écriture fine et penchée de celui qui, jusqu'à l'été dernier, était encore le directeur de l'école de sorcellerie Poudlard.
Ses mains, dont le choc avait accru le tremblement, menaçaient de tout lâcher. Son coeur battait quelque part dans la région de sa gorge, à une telle vitesse que s'en était douloureux. Il avait l'impression d'étre soudain maintenu de force sous une eau glaciale. Il respira profondément, s'efforçant au calme.Cher Harry,
Je t'écris cette lettre de mon bureau, peu avant de nous lancer dans la quête de l'Horcruxe. Si elle te parvient, cela veut dire que je suis mort, et que tu as en ta possession désormais une parcelle de l'âme de Voldemort. Je suis sûr que tu as pris des décisions hâtives comme ne plus retourner à Poudlard, ou encore te mettre à la recherche des Horcruxes seul, pour protéger tes amis...
Harry s'arrêta un moment dans sa lecture. Même à travers la mort, Dumbledore ne cessait de lire en lui comme dans un livre ouvert, n'arrêtait pas de le conseiller, de le guider...
Oui, il avait pris la décision de quitter Poudlard, et de commencer sa quête sans plus attendre, car il avait estimé qu'y rester était une perte de temps et un outrage envers le monde sorcier, qui attendait, depuis plus de 14 années, une libération, et envers tous ces morts, ces innocents que Voldemort prenait plaisir à massacrer, toujours dans sa soif de grandeur...
Oui, il avait aussi décidé de ne pas accepter la proposition d'aide de Ron et Hermione pour ne pas les mettre en danger, il avait même renoncé à Ginny pour ne pas la voir souffrir et mourir dans les plus atroces conditions...
Ces gestes sont tout à fait louables, mais tu dois savoir que tu l'espoir de tout une génération et qu'il est dans l'obligation de te garder en vie. C'est pour cette raison que je te prie de retourner à Poudlard. Tu as beaucoup de choses à apprendre, tes capacités d'en ce moment ne te permettront pas de vaincre Lord Voldemort.
Mais aussi, tu as besoin de tes amis. Seul, tu ne pourras pas destabiliser l'empire ténébreux que s'est bâti Voldemort.
Je t'ai déjà dit maintes fois que ta force résidait dans le pouvoir d'aimer. Alors ne t'empresse pas de renoncer à l'amour pour le protéger. De toute façon, Lord Voldemort saura...
Je te lègue ma pensine, et je te confie les souvenirs que nous avons visionné, je crois qu'ils te seront utiles.
Avec tous mes espoirs de réussite,
Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore
Harry ouvrit alors la boîte en carton. Elle abritait des flacons où se mouvaient une matière surprenante: les souvenirs.
Il se sentit bizarre. Il relut une phrase dans la lettre: "De toute façon, Lord Voldemort saura..."
Que voulait dire Dumbledore?
Au moins, après-demain, il serait majeur et au Terrier. "Va chez la folle au chats..." Harry ne put réprimer un sourire. Ron avait-il peur que sa lettre soit interceptée? Dans ce cas, Mrs Figg sera ravi d'entendre le code qu'il a utilisé pour la désigner...
Un mal de tête atroce s'empara de sa tête. Décidemment, il en avait trop su aujourd'hui. Il fallait qu'il sorte prendre l'air, histoire de réfléchir en espace ouvert.